Le lézard et la bourreuse


Récit de projet
Enquêter à travers le récit participatif

Projet de Master 2 en Recherche en Design
2026





L’inspiration qui a motivé ce récit est le chapitre « le stade chaton aspirateur de l’humanité », écrit par Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon pour l’ouvrage collectif Le comportement des choses. Ce chapitre part de l’observation d’une interaction entre deux types d’êtres : les chatons et les aspirateurs automatiques. Dans un format fictionnel très crédible et basé sur des technologies plausibles, les auteurs font le récit d’un projet très amusant : une gamme d'aspirateurs est développée spécifiquement pour permettre une communication entre eux et les chats. Le format du récit permet de présenter l’évolution du projet à travers le temps, ses réussites et ses écueils. L’intérêt du récit est également de s’émanciper de l’impossible et d’envisager un projet qui serait in-envisageable sinon. Dans le cas présenté ici, le projet est dystopique et donne à penser un stade non-souhaitable de l’humanité. Pour ma part, j’aimerais proposer un récit utopiste et donner à penser un futur désirable à partir d’un questionnement sur l’interaction que peuvent avoir deux types d’êtres des abords de voies ferrées : les bourreuses et les lézards. Mon hypothèse est que nos imaginaires des abords de voies ferrées sont trop étriqués. Je pense qu’il est très difficile d’envisager un futur sans concurrence entre les voyageur•ses quotidien•nes - et leurs besoins de transports efficaces et sûrs - et les êtres vivant non-humains qui habitent les voies ferrées.


Au cours de l'élaboration de cette histoire, ma formation de designer m'a permis de me sentir à l'aise dans l'imagination de possibilités diverses. J’ai mobilisé quatre références issues des champs de l’art et du design, dont je présente ici les aspects qui m’ont inspiré.


Cependant j'ai rapidement été confrontée aux limites dans mes connaissances sur certains sujets. J'ai d'abord ressenti des difficultés à produire des idées technologiquement poussées, et l'envie d'un regard d'ingénieur. Ensuite, l'incertitude sur le fait que ces idées soient pertinentes par rapport aux lézards et à l'intérêt des sciences pour les lézards, m'a donné envie de confronter ce récit avec un regard d’herpétologue, les scientifiques des lézards. Dans un troisième temps j'ai ressenti l'envie d'avoir des retours sur la plausibilité du contexte juridique et législatif créé dans l'histoire, avec des juristes et économistes.


Au fur et à mesure de l'écriture, cette envie d'un regard extérieur est devenu un besoin d'une plume extérieure, à cause des limites de mes connaissances. Par facilité j'ai donc fait appel à l'IA générative d’open AI. Comme l'apport de cet outil est ponctuel, j'ai tenu à présenter ici nos échanges, qui témoignent, d'une part, des apports de l'IA, et qui rendent compte, d'autre part, des intentions qui motivaient certains de mes choix formels.


En parallèle, cette idée d'un récit participatif faisant appel à l'imagination m'a donné envie d'utiliser le récit comme prétexte à l'enquête ethnographique. Ce médium me paraîtrait intéressant pour traiter de la capacité à l'imagination chez les professionnel•les des technologies, les ingénieurs, les herpéthologues, les juristes et les économistes. Le récit a d'abord été une base pour m'aider à imaginer des grilles d'entretien sur lesquelles interroger des enquêté•es. Dans un second temps, j'aimerais expérimenter, dans un cadre encore plus souple, ce que le récit fictif collaboratif permet d'étudier, dans les imaginaires de ces participant•es. J’ai donc joint à ce document le protocole d’enquête envisagé.


Depuis 2020, avec la médiatisation de la crise environnementale et la prise de conscience écologique, le conseil d’État a décrété les Sciences Naturelles comme Opération d’Intérêt National.

Dans ce cadre, une loi a été promulguée pour lutter contre le dérèglement climatique, la loi Climat et Résilience de 2021, obligeant certaines PME cotées et les grandes entreprises à recruter un Responsable Synergies Écosystémiques (RSE) qui fera partie du processus décisionnel de l’entreprise. SNCF Réseau a donc engagé une équipe pluridisciplinaire constituée notamment d’écologues et de spécialistes de certains rangs taxonomiques, et notamment l’herpétologue Eric Graitson, spécialiste des reptiles sur le réseau ferroviaire.

En parallèle, alors que le principe juridique et économique du pollueur-payeur était débattu depuis 1972, et son adoption par l’organisation intergouvernementale d'études économiques OCDE, dans le but de convenir à un consensus, c’est finalement le principe du protecteur-bénéficiaire qui a été mis en place en France. Les entreprises justifiant de leur engagement vertueux en faveur de la biodiversité sont rétribuées à hauteur de leur investissement.

L’entretien des voies ferrées coûtant cher, les modèles économiques se succèdent. D’abord les lignes de chemins de fer françaises ont été mises en place et gérées par différentes compagnies privées à partir des années 1820, ensuite l’administration des chemins de fer de l’État a pris le relai dans la gestion des lignes, à partir des années 1880, alors que les compagnies privées faisaient toutes faillite. La gestion a commencé à être traitée régionalement à partir des années 1980 et depuis les années 1990 l’ambition est libérale, avec des décisions européennes d’ouvertures des réseaux ferroviaires européens à la concurrence, le processus est encore en cours. De manière générale, le prix des billets de train étant limité par le prix de modes transports concurrents et plus économiques, même si moins écologiques, comme l’avion ou la voiture, le modèle économique des chemins de fer, et notamment de leur gestion et maintenance, est déficitaire. Pour cette raison, le principe protecteur-bénéficiaire contribue à la soutenabilité financière de l'infrastructure.

SNCF Réseau a alors mis en place des Équipes Interdisciplinaires d’Optimisation des Relations au Vivant (ÉIORV), notamment chargées des inventaires d’espèces. Ces équipes peuvent être constituées d’écologues, d’éthologues, de biologistes, d’herpéthologues, d’hydrologues, de géologues, de géographes, de photographes, de climatologues, de juristes, de philosophes, d’anthropologues, de linguistes, de sémioticiens, d’acousticiens, de chorégraphes, d’artistes, d’historiens, d’électroniciens, de nutritionnistes, d’ergonomes, d’informaticiens, de mathématiciens et de statisticiens. Dans l’une de ces équipes, l’herpétologue spécialiste des reptiles du réseau ferré, Eric Graitson, a constitué un Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français (GÉPRRFF). Les herpéthologues du groupe d’étude des populations de reptiles parcourent les voies ferrées, ils soulèvent les dalles de béton qui couvrent les caniveaux passe-câble et cherchent du regard, sans toucher. Ainsi ils ont pu en venir aux conclusions suivantes : les lézards apprécient la chaleurs indirecte du soleil, que leur renvoie la matière minérale des longs murs de soutènement, des ouvrages d’art, des passages à niveaux, des caniveaux couverts par des dalles en béton (« cavaliers passe-câbles »), des talus, des fossés, des pierres qui constituent le ballast, des traverses en bois ou en béton.


Organigramme de SNCF Réseau (source © SNCF Réseau) retouché par mes soins.


Le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français s’est alors questionné sur la compatibilité entre l’habitat des lézards et une pratique régulière de l’entretien des voies ferrées : le bourrage. Dans le but de stabiliser, de redresser ou de maintenir les rails d’aplomb, le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire utilise une grande machine, appelée bourreuse-dresseuse-auto niveleuse. Montée sur roues, elle circule lentement sur les rails, et plonge régulièrement ses bourroirs, des pioches métalliques vibrantes, dans la masse de cailloux qui constitue le ballast. En se surélevant au-dessus des cailloux qui se recomposent, elle redresse les rails sur quelques dizaines de millimètres. Ces deux usages du ballast interrogent, l’habitat des abords de voies par les lézards est-il compatible avec l’utilisation de machines puissantes visant à entrechoquer et recompresser les cailloux entre eux ?


The ROMITAMP © ROBEL Bahnbaumaschinen GmbH


Afin de documenter davantage l'occupation du ballast par les lézards, et le rapport des lézards avec le passage des bourreuses, le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français et l’équipe de Recherche et Développement de SNCF Réseau ont mis en place des outils technologiques pointus.

Les lézards ayant un sang froid, l’utilisation de détecteurs thermique n’est pas simple. Il n’est pas envisageable de détecter les corps des lézards, qui sont, par définition, à température ambiante et qui sont trop petits. En revanche il est possible de détecter les matériaux utilisés par les lézard pour la thigmothermie, c’est-à-dire les matériaux intermédiaires entre les lézards et les rayons du soleil. En effet, comme les lézards absorbent la chaleur indirecte de ces matériaux, aux yeux du détecteur thermique, ces matériaux enregistrent une baisse de température, certes légère, mais anormale en comparaison avec les matériaux les avoisinant. Pour étudier la fréquentation herpéthologique de certains tronçons, des poteaux supports de caténaires sont équipés de ce type de capteurs thermiques. La performance de ces capteurs est optimale, elle capte une gamme de températures restreinte pour une meilleure résolution de mesure, allant de 15°C, la température minimale d’activité des lézards, à 88°C, une température classique pour des rails chauffés par le soleil. Les modèles de capteurs mis en place par SNCF Réseau sont capables de mesurer la température d’une surface de 31mm à une distance de 35m. 31mm correspond à la borne inférieure de la classe granulométrique retenue pour le ballast, autrement dit la plus petite taille admise dans la distribution des dimensions des cailloux qui composent le ballast. L’évolution de la température des éléments composant les voies ferrées est donc comparée à l’évolution de la température ambiante ainsi qu’à l’orientation du soleil afin de déceler les variations inhabituelles. Ensuite ces données sont suivies dans le temps.


Photo libre de droit retouchée par mes soins, ajout de graphique


Un autre type de capteur mis en place est la caméra qui s’appuie sur une technologie d’Intelligence Artificielle. Alimentée par l’énergie solaire, elle est installée sur des points stratégiques et l’IA est entraînée à reconnaître les lézards, les orvets, les mulots, les feuilles mortes. Placées face à de longs murs de soutènement, des ouvrages d’art, ponts ou encore des passages à niveaux, la détection de lézards ou d’orvets déclenche l’enregistrement de la vidéo vidéo et transmet directement la vidéo et ses métadonnées au Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français. Chaque passage de lézard ou d’orvet est automatiquement comptabilisé et l’on peut comparer la fréquentation de ces points stratégiques suivant les périodes, la météo, les années, les moments de passage de bourreuses. Les statisticiens de l’équipe comparent régulièrement l’évolution des Indices National et Régionaux d'Occupation Reptilienne des Infrastructures Ferroviaires (INORIF et IRORIF). Très régulièrement, des recherches sont lancées pour trouver de nouvelles données à prendre en compte dans les statistiques, et à anticiper par des équations. Par ailleurs, les vidéos permettent aux herpéthologues de suivre les individus qui ont été comptabilisés, de connaître le sexe des individus, leur taille, d’évaluer s’il s’agit des mêmes individus qui reviennent et, éventuellement, de suivre les activités qui occupent ces individus.

Enfin, la technologie la plus prometteuse qui est mise en place est un modèle de caillou intelligent. Ces cailloux installés parmi les autres cailloux du ballast, présentent l’avantage de pouvoir mesurer en profondeur. Ils enregistrent les variations de températures, les variations de pression et de poids, l’humidité, les vibrations des passages de trains et même les vibrations plus subtiles causées par le passage de petits animaux. Les variations de poids et de pressions sont comparées avec celles enregistrées par les traverses, qui évoluent au passage des trains afin de déceler les passages de lézards, même au moment où un train passe. Les cailloux permettent de définir des zones d’intérêt, c’est-à-dire des zones où le plus de présences sont enregistrées, ou des zones enregistrant des variations inhabituelles, y compris des baisses de fréquentation. Des groupes interdisciplinaires sont régulièrement envoyés dans ces zones d’intérêt et des suivis sont mis en place dans ces zones. Pour l’étude en particulier des comportements des lézards au passage des bourreuses, les vibrations enregistrées par les cailloux intelligents sont comparées avec les paramètres de vibration des bourreuses, afin de déceler les variations dûes au passage des lézards et autres petits animaux.

L’étude comparative des données récoltées est surtout utilisée pour étudier les changements de comportement des lézards avec le passage des bourreuses. Le passage d’une bourreuse est rare, environ 1 fois tous les 3, 5 ou 8 ans. À cette occasion, on compare la fréquentation habituelle du tronçon avec la fréquentation au moment du passage de la bourreuse : 1h avant le passage de la bourreuse, quelques heures après, quelques jours après et quelques mois après. Les bourreuses elles-mêmes sont équipées de caméras à 360° qui captent l’environnement proche et lointain des véhicules, et dont les images sont transmises au Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français. Les objectifs consistent à comprendre à quelle distance les lézards détectent les bourreuses, comment cela évolue suivant les zones géographiques, suivant les modèles de bourreuses, suivant leurs paramètres de réglages de vibrations ou encore suivant la fréquence des opérations de bourrage sur le tronçon. Il s’agit également d’étudier les comportements qu’adoptent les lézards à la détection d’une bourreuse, et surtout, les bourreuses présentent-elles un danger pour les populations de lézards ? On s’interroge également sur les zones refuges utilisées par les lézards, les itinéraires de fuite empruntés par les lézards, le moment où ils reviennent sur le tronçon bourré ou encore le degré d’intérêt des voies récemment bourrées pour les lézards.

La mise en place de ces dispositifs est une grande réussite et permet aux chercheur•ses d’accélérer leurs recherches et d’avoir une meilleure compréhension de l’occupation des ballasts par les lézards.

Bien qu’étant une réussite sur tous les points, des critiques ont émergé envers la politique herpétologique de SNCF Réseau. L’équipe de comunity managers de SNCF, chargée d’informer en temps réel des actualités du traffic sur les réseaux sociaux et de communiquer avec les voyageur•ses, a fait remonter à la direction de SNCF voyageur une vague de critiques. Les voyageur•ses quotidien•nes, les premier•es concerné•es par le réseau ferré, se sentent délaissé•es pour les profits qu’apporte l’étude des lézards à SNCF Réseau.









Mais pour toute l’entreprise SNCF Réseau, abandonner les études des lézards est devenu inconcevable. Depuis que les équipes de SNCF Réseau ont été législativement et économiquement forcées à recevoir le Responsable Synergies Écosystémiques, elles se sont rendues familières des lézards. Les lézards vivaient à l’origine dans des habitats ouverts, dont certains ont progressivement été remplacés par des paysages anthropisés. Malgré tout, des milieux anthropisés comme les cimetières ou les voies ferrées reproduisent de nombreuses caractéristiques recherchées par les lézards. Alors qu’ils ne sont pas du tout en voie de disparition, les équipes de SNCF Réseau ont décidé d’enfin valoriser le fait qu’ils soient un taxon avec lequel on a des affinités et avec lequel on peut facilement cohabiter. Au-delà de l’étude des reptiles, SNCF Réseau a mis en place le fait de prendre soin des reptiles des voies ferrées comme principe directeur. Résoudre la question de la cohabitation des lézards et des bourreuses est devenu impératif.

Dans le but de rassurer les voyageur•ses sur l’intérêt de l’étude des lézards des voies ferrées, une vaste campagne de communication a été mise en place. L’équipe de communication de SNCF Réseau a placardé des affiches en gare « on compte les reptiles pour vous éviter de compter vos sous en fin de mois », en réponse aux nombreux « et on paye 90€ par mois pour ça », puisque le principe du protecteur-bénéficiaire permet au modèle économique de SNCF Réseau de rester viable. « Vous aimez quand la végétation n’entrave pas le trajet du train ? Bah les lézards aussi, donc nous sommes faits pour nous entendre ». Une section de l’application idf mobilité est même développée dans le but de diffuser en temps réel la localisation des lézards. Les voyageur•ses occupent alors une partie du trajet à compter les lézards sur leur écran. Ils s’étonnent de leur nombre important. Les voyageur•ses profitent de l’attente en gare et de chaque arrêt du train pour chercher de leurs propres yeux les lézards répertoriés par les détecteurs.

Ces nouvelles pratiques suivent la configuration d’un zoo inversé. Les humain•es gardent toujours la posture des regardeurs et des soigneurs ou protecteurs, en revanche ce sont désormais les animaux qui évoluent en liberté et les humain•es qui restent enfermés derrière la vitre de leur train. De cette manière, nous continuons de tisser du lien entre espèces, tout en laissant aux animaux leur liberté.

Les voyageur•ses s’amusent à suivre les trajets des lézards, parfois on peut voir des lézards supers sapides parce qu’ils sont sur des trains de matériaux. À force de suivre les activités des lézards sur leurs écrans, quelques voyageur•ses mentionnent, dans les tweets, de rares, mais massifs, mouvements de lézards, les lézards prennent tous une direction similaire. Un voyageur fait le lien entre l’un de ces mouvements de lézards, qui a eu lieu le mois d’avant, et la chute d’un arbre. En s’y intéressant de plus près, le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français a pu établir des correspondances entre les mouvements massifs de lézards et certains incidents des abords de voies : glissements de talus, éboulements, chutes d’arbres. Les lézards savent anticiper ces incidents et cette faculté des lézards intéresse hautement le gestionnaire réseau pour améliorer sa fiabilité, avec ses mots d’ordre sécurité et régularité.

Grâce à la mise en place d’un suivi des mouvements massifs de lézards, plusieurs incidents sont anticipés et mieux gérés. Une sécheresse de terrain est anticipé avant de devenir un incendie, plusieurs glissements de talus sont anticipés. Finalement le projet l’attention aux lézards s’est révélé utile pour SNCF Réseau et les voyageur•ses elleux-même. De nouvelles campagnes de communication confortent la directive herpétologique de la SNCF.
« Parce que vous prêtez attentions aux lézards, ils vous la rendent. 3 glissements de talus et 1 incendie évités sur le réseau francilien ce mois-ci »

Les voyageur•ses ont des réactions très favorables, ils se mettent également à adorer les lézards.







Afin d’encourager l’opinion publique, le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français décide d’organiser, une fois par an, des portes ouvertes de certains abords de voies du Réseau ferré français. On profite de la journée internationale des lézards, le 14 août pour organiser des visites guidées. On commence la visite guidée en gare, avec un support pédagogique et une présentation des différentes espèces de lézards du réseau ferré. Ensuite on sort de la gare pour accéder aux talus de gare, puis on longe la voie en contrebas du talus, le long d’un passe-câble. Le ou la guide soulève ponctuellement des dalles qui recouvrent le passe-câbles afin de laisser apparaître les lézards dissimulés, on longe comme ça jusqu’à accéder à un passage à niveau, endroit stratégique ou il est probable de croiser des lézards suivant la météo. Le ou la guide présente également la technologie IA de la caméra fixée juste au-dessus du passage à niveau et fait un topo sur l’intérêt des nombreuses études menées par le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français.

Afin d’enfin solutionner les conflits d’usages entre lézards et bourreuse, Le Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français met en place des cailloux massants. Ces cailloux ressemblent à tous les autres cailloux du ballast, mais sont creux. Les lézards peuvent se glisser à l’intérieur, ils se retrouvent alors dans une poche en caoutchouc, rendue souple par un rembourrage d’eau. Ces matériaux emmagasinent et transmettent très bien la chaleur. On met également en place des signaux d’annonce du passage de la bourreuse. À la reconnaissance de ces signaux, les lézards peuvent se glisser dans un caillou massant et les vibrations de la bourreuse sont déformés par la poche d’eau et retransmis en douceur aux lézards.



À mesure que les années passent, les voyageur•ses se rendent familier•es de la présence des lézards et des activités menées par SNCF Réseau avec les lézards. L’équipe des Community managers fait remonter à la direction de SNCF l’engouement des voyageur•ses pour assister au passage de la bourreuse. SNCF commence alors à communiquer publiquement les dates et les tronçons où passe la bourreuse. Tout le monde est au courant du jour du passage de la bourreuse sur son tronçon de proximité et des journalistes animaliers sont autorisés à s’infiltrer dans les abords de voies, avec les équipes de maintenance. De cette manière ils peuvent alors rester à l’affût devant des cailloux massants pour attendre la venue des lézards. Les images sont retransmises à la télévision et chacun se réjouit d’observer les lézards venir se rendre dans les cailloux massants pour prendre du plaisir.


Photos retouchées par mes soins à partir des images de : agents d'entretien de SNCF Réseau, photo de Francois HENRY/REA et Wildlife Reporter, Richard Moore (Texas Country Reporter) sur Youtube.


Bonjour chat ! Ça fait longtemps ! J'ai besoin de ton aide pour partir dans un autre monde et imaginer un récit rigolo où lézards et bourreuses (donc SNCF Réseau) s'entendraient à merveille ! J'ai quasiment tout écrit mais j'ai besoin de ton aide pour quelques détails ! Première question : Dans cet autre monde pas si lointain, des législations sont mises en place pour favoriser un environnement serein dans lequel ces relations idéales pourraient advenir. Ces législations imposent à certaines PME cotées et aux grandes entreprises de recruter un "ecology manager". Ça m'amuse d'imaginer que, même dans ce monde idéal, on utiliserait des appellations mi-bullshit job mi-greenwashing :) Pourrais-tu me suggérer des noms pour ce poste obligatoire ? je veux rigoler mais il faut savoir que ce récit rigolo finira diffusé au public dans le cadre de notre exposition de master (mi-rigolo mi-sérieux)

J’adore le principe. Il y a quelque chose de très drôle dans le fait qu’un monde ait enfin résolu la cohabitation humain-lézard-bourreuse… tout en conservant intact le jargon corporate absurde.
Tu peux jouer plusieurs registres selon le ton de ton récit :
Très corporate / greenwashing crédible
Des intitulés qui sonnent “vrais” mais légèrement ridicules :
Responsable Synergies Écosystémiques
Chief Biodiversity Officer
Coordinateur d’Intégration du Vivant
Référent Harmonie Interespèces
Manager de Transition Biophile
Responsable Continuités Écologiques Sensibles
Chargé d’Acceptabilité Faunistique
Directeur des Relations au Vivant
Responsable Coexistence & Infrastructures
Médiateur Écologique Territorial
Facilitateur Biodiversité & Mobilités
Chargé de Valorisation des Présences Non-Humaines
Plus franchement bullshit startup
Celles-ci me font particulièrement rire dans un contexte SNCF Réseau + lézards :
Happiness Manager du Vivant
Green Alignment Officer
Biodiversity Success Manager
Chief Reptile Happiness Officer
Nature Experience Curator
Évangéliste Écosystémique
Living Assets Coordinator
Animateur de Performance Symbiotique
Bio-Inclusion Manager
Head of Soft Fauna Integration
Très technocratique français
Le genre d’intitulé interminable qu’on pourrait trouver dans un décret :
Délégué à la Conciliation Écologique des Infrastructures Linéaires
Chargé de la Compatibilité Faune-Maintenance
Coordinateur National des Interactions Rail-Reptiles
Référent Territorial de Tranquillité Herpétologique
Agent de Régulation des Ambiances Écosensibles
Avec une légère absurdité poétique
Pour un monde vraiment étrange mais administratif :
Gardien des Accords Thermiques
Diplomate des Talus
Négociateur Solaire pour Reptiles Ferroviaires
Conservateur des Zones de Sieste Minérale
Intendant des Pierres Chaudes
Responsable de la Paix Scalée
Ambassadeur des Corps à Sang Froid
Mon conseil pour le ton “expo de master”
Le plus drôle est souvent :
un intitulé presque crédible,
accompagné d’une mission parfaitement absurde mais formulée sérieusement.
Par exemple :
« Depuis la loi de 2031 sur la Tranquillité Interespèces, les entreprises ferroviaires de plus de 250 salariés doivent employer un Responsable Coexistence & Infrastructures chargé d’assurer le confort thermique des reptiles à proximité des opérations de bourrage mécanisé. »
Ou :
« Le Biodiversity Success Manager veille au maintien d’une expérience lézard positive lors des interventions lourdes sur ballast. »
Le contraste entre langage administratif sérieux et sujet ultra-spécifique fonctionne très bien.

Okk, c'est très dur, il y en a des très bien !!! Voici ma sélection, je pense fair mon choix plus tard, peut-être en en discutant avec des copains ! Question 2 : une des réglementations mises en place à l'échelle nationale est l'autre pendant du principe pollueur-payeur. J'ai pensé au "principe de l'écolo-récompensé". Ce titre est très nul, peux-tu me suggérer d'autres titres, pas forcément rigolos d'ailleurs, à toi de voir ce que tu as à me proposer :)

Oui, “principe de l’écolo-récompensé” a quelque chose de délicieusement administratif mais on sent qu’il peut encore muter vers quelque chose de plus élégant, plus technocratique… ou plus inquiétant.
Comme ton univers semble jouer sur l’ambiguïté entre utopie écologique sincère et récupération institutionnelle, je te propose plusieurs familles de noms :
Pendant crédible du « pollueur-payeur »
Comme si ça existait déjà dans le droit européen :
principe protecteur-bénéficiaire
principe restaurateur-récompensé
principe de contribution écologique positive
principe de compensation vertueuse
principe de bonification écologique
principe de réparation active
principe de valorisation écologique
principe d’entretien du vivant
principe de préservation contributive
principe d’investissement écologique
Très techno-administratif
Le genre de formule de décret que personne ne comprend :
mécanisme national d’incitation écosystémique
dispositif de rétribution des externalités positives
politique de valorisation des cohabitations écologiques
système de crédits de coexistence
protocole de contribution au vivant
indice de compatibilité biotique
régime de bonification environnementale
Plus drôle / corporate / greenwashing
Là on sent le consultant payé 1800€ la journée :
Green Bonus Framework
Nature Return Policy
Biodiversity Incentive Program
stratégie gagnant-vivant
programme de coexistence performative
contrat de croissance symbiotique
politique à impact reptilien positif
bonus biodiversité intégrée
certification cohabitation+®
Plus poétique ou étrange
Pour donner une couleur singulière au monde :
principe des pierres rendues chaudes
pacte de coexistence tranquille
droit à l’ombre et au soleil
principe des territoires partagés
accord national des espèces voisines
charte des présences discrètes
économie des vivants attentifs
Je trouve qu’il y a quelque chose de particulièrement fort si tu combines :
un nom très sec et bureaucratique,
avec des conséquences très concrètes et absurdes.
Par exemple :
« Le mécanisme de bonification écologique impose désormais aux entreprises ferroviaires de maintenir un indice minimal de satisfaction reptilienne sur les zones de ballast chaud. »
Ou :
« Grâce au système de crédits de coexistence, SNCF Réseau peut désormais obtenir des exonérations fiscales en cas d’augmentation mesurée des populations de lézards ocellés à proximité des chantiers de bourrage. »
Le mélange jargon administratif + précision biologico-ferroviaire est vraiment savoureux.

Oui c'est savoureux, j'adore faire ça ! J'ai finalement gardé "principe protecteur-bénéficiaire" qui fait assez directement référence au "pollueur-payeur" déjà existant. Mais j'ai beaucoup apprécié aussi "indice de compatibilité biotique" et "principe des territoires partagés". D'ailleurs j'ai oublié de te donner ma liste pour la dernière question : "Responsable Synergies Écosystémiques Référent Harmonie Interespèces Manager de Transition Biophile Chargé de Valorisation des Présences Non-Humaines Délégué à la Conciliation Écologique Chargé de la Compatibilité Faune-Maintenance Coordinateur Directeur des Facilitateur Agent" 3ème question : Le [pour l'instant il s'appelle encore "ecology manager", mais heureusement plus pour longtemps]de SNCF Réseau constitue une équipe autour de lui. J'ai pensé tout bêtement au titre de "équipe d'inventaire", mais aurais-tu une suggestion de titre ? là encore on peut partir en mode bullshit parce que c'est dans l'entreprise et que c'est rigolo. J’ai noté des suggestions que tu m’as faites précédemment et qui me plaisent pas mal : Coordinateur National des Interactions Rail-Reptiles Diplomate des Talus « Référent Territorial de Tranquillité Herpétologique

Je trouve que tu tiens quelque chose de très juste avec cette bureaucratie écologique imaginaire. Le plus drôle n'est pas que les intitulés soient absurdes, mais qu'ils soient presque plausibles. On imagine très bien un rapport de 250 pages où le "Référent Territorial de Tranquillité Herpétologique" est cité sérieusement vingt-sept fois.
Pour l'équipe, je verrais plusieurs niveaux de bullshit :
Niveau "ça existe probablement déjà quelque part"
Cellule de Compatibilité Écologique
Unité de Coexistence Interespèces
Mission Biodiversité Appliquée
Pôle de Conciliation Écologique
Groupe d'Observation du Vivant
Cellule d'Interface Faune-Infrastructure
Service des Continuités Écologiques
Niveau "cabinet de conseil"
Pôle Synergies Écosystémiques
Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant
Cellule d'Accompagnement Biophile
Unité de Valorisation des Présences Non-Humaines
Département des Interactions Positives
Pôle de Performance Écosystémique
Cellule de Médiation Interspécifique
Niveau "spécial SNCF Réseau + lézards"
Là je pense qu'il y a du potentiel.
Brigade de Tranquillité Herpétologique
Cellule Rail-Reptiles
Mission Nationale des Talus Habités
Équipe de Compatibilité Faune-Maintenance
Bureau des Lézards Ferroviaires
Unité d'Observation des Talus Thermiques
Service des Interactions Rail-Reptiles
Cellule de Veille Reptilienne
Groupe des Continuités Thermiques
Mission Lézards et Infrastructures
Niveau "administration devenue poétique sans s'en rendre compte"
Ce sont mes préférés.
Conservatoire des Talus Habités
Bureau des Présences Discrètes
Service des Pierres Chaudes
Cellule des Territoires Partagés
Mission des Voisins Écailleux
Observatoire des Accords Thermiques
Bureau de la Coexistence Tranquille
Équipe des Talus Hospitaliers
Service des Habitants du Ballast
Je crois que mon favori pour ton univers serait :
Cellule des Territoires Partagés
parce qu'elle reprend ton "principe des territoires partagés", reste crédible, et laisse planer un doute : s'agit-il de lézards, de plantes, d'humains, de machines, de tout à la fois ?
Et juste en dessous, pour les postes individuels :
Coordinateur National des Interactions Rail-Reptiles
Diplomate des Talus
Référent Territorial de Tranquillité Herpétologique
On dirait vraiment l'organigramme d'un ministère qui aurait progressivement accepté que les lézards soient des interlocuteurs légitimes. C'est une image qui me fait beaucoup rire. 😄

Parfait ! merci ! J'ai choisi "Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant" avec le côté productiviste en décalage que je trouve très rigolo, et "Responsable Synergies Écosystémiques", qui est un très beau titre je trouve, et je me demande, est-ce que "synergie" est souvent employé dans les intitulés de postes ? Parce qu'effectivement je trouve que ça correspond bien ! Ma 4ème question est courte avant la 5ème qui sera plus technique : J'explique que, suite à la mise en place des équipes d'Optimisation des Relations au Vivant, le principe protecteur-bénéficiaire rapporte alors de l'argent à SNCF Réseau et que c'est argent est justement le bienvenu parce que sinon, la gestion de réseau est un modèle économique déficitaire. Pour exprimer ça, j'aime bien l'expression imagée "arrondir ses fins de mois", puisque c'est bien à coup de "petits bouts de ficelle" que SNCF parvient à sortir du modèle déficitaire. Peux-tu me trouver une ou des expressions semblables à "arrondir ses fins de mois", mais qui conviennent à la situation ?

Excellent choix. Responsable Synergies Écosystémiques sonne à la fois très bien et vaguement suspect. 😄
Et pour répondre à ta question : oui, "synergie" est l'un des grands classiques du jargon managérial. On le trouve partout dans les rapports d'activité, les cabinets de conseil, les fusions d'entreprises et les offres d'emploi. Ce qui est drôle, c'est que le mot désigne à l'origine quelque chose de très concret (des éléments qui produisent ensemble plus que séparément), mais il est devenu un mot-valise qui donne immédiatement une impression de sérieux sans toujours préciser quelle synergie ni entre quoi. Donc pour ton personnage, c'est parfait.
Pour ta quatrième question, je pense que tu peux jouer sur plusieurs registres.
Si tu veux garder l'esprit de "arrondir les fins de mois"
mettre un peu de beurre dans le ballast
mettre du lest dans les comptes
graisser les rouages budgétaires
apporter un peu d'air aux finances du réseau
soulager légèrement les comptes d'exploitation
combler quelques interstices budgétaires
colmater les fuites du modèle économique
renflouer modestement les caisses
donner un peu d'oxygène au réseau
J'avoue avoir un faible pour :
« Le principe protecteur-bénéficiaire permet également à SNCF Réseau de mettre un peu de beurre dans le ballast. »
C'est absurde mais immédiatement compréhensible.
Si tu veux quelque chose de plus administratif
dégager des recettes complémentaires
générer des revenus annexes
diversifier ses sources de financement
améliorer marginalement l'équilibre économique du réseau
compenser une partie des coûts structurels
contribuer à la soutenabilité financière de l'infrastructure
Par exemple :
« Les crédits issus du principe protecteur-bénéficiaire constituent une recette complémentaire bienvenue pour une activité dont l'équilibre économique demeure fragile. »
Si tu veux accentuer le côté bricolage ferroviaire
tenir le réseau avec quelques agrafes supplémentaires
ajouter quelques traverses au budget
maintenir l'équilibre à coups de petits coupons de rail
gagner quelques mètres de voie financière
consolider les comptes à la manière d'un talus bien entretenu
Par exemple :
« Sans résoudre les difficultés structurelles de financement, ces revenus permettent à SNCF Réseau de maintenir l'équilibre à coups de petits coupons de rail budgétaires. »
Et celle qui me fait le plus rire dans ton univers
« Les populations de lézards étant devenues une source de revenus indirecte, SNCF Réseau découvre avec surprise qu'il est désormais possible de mettre un peu de beurre dans le ballast. »
On sent à la fois le sérieux du rapport annuel et le fait qu'on est dans un monde où les reptiles participent involontairement au financement des infrastructures ferroviaires. C'est exactement le genre de phrase que j'imagine dans une exposition mi-documentaire mi-fable administrative.

Merci, je voulais que ce soit plutôt sérieux quand même donc j'ai choisi "contribuer à la soutenabilité financière de l'infrastructure". Question 4.2, préliminaire à ma 5ème question technique : Il faut savoir que j'ai dit que les Équipes d'Optimisation des Relations au Vivant sont constituées d’écologues, de biologistes, de photographes, de météorologues, d’anthropologues, de linguistes, d’historiens, d’électroniciens, de nutritionnistes, d’informaticiens et de mathématiciens. Si tu as d'autres idées de métiers (peut-être bizarres, mais intéressants) qui pourraient faire partie des équipes interdisciplinaires je serais ravie d'entendre tes propositions et d'agrandir la famille !

J'aime beaucoup ta liste parce qu'elle raconte déjà quelque chose. Tu n'as pas seulement réuni des spécialistes du vivant : tu as réuni des gens qui savent observer, interpréter, mesurer, traduire, raconter et concevoir des dispositifs de communication. On sent que le projet consiste moins à étudier les lézards qu'à apprendre à vivre avec eux.
Du coup, je te proposerais plusieurs familles de métiers.
Ceux qui semblent logiques... puis deviennent étranges
géographes
géologues
pédologues (spécialistes des sols)
acousticiens
hydrologues
climatologues
statisticiens
cartographes
ergonomes
éthologues (étude du comportement animal)
herpétologues (spécialistes des reptiles)
Le simple fait de voir "acousticien" ou "ergonome" au milieu de la liste commence déjà à créer un léger décalage.
Ceux qui font basculer vers la diplomatie interespèces
médiateurs
traducteurs
sémioticiens
philosophes
juristes
spécialistes des négociations collectives
diplomates
spécialistes de la résolution de conflits
On imagine très bien un rapport :
"Après plusieurs mois de médiation, les populations de lézards ont accepté le déplacement du chantier vers le secteur sud du talus."
Ceux qui m'amusent particulièrement
chorégraphes
compositeurs
scénographes
marionnettistes
illusionnistes
designers sonores
parfumeurs
archéologues
conservateurs de musée
Le lecteur se demande alors : pourquoi diable un chorégraphe travaille-t-il avec SNCF Réseau ? Et la réponse n'arrive jamais.
Ceux qui rendent l'univers très crédible à mes yeux
Parce qu'ils correspondent à de vraies pratiques contemporaines :
designers
artistes de terrain
documentalistes
illustrateurs scientifiques
spécialistes de science participative
vidéastes
spécialistes des sciences de l'information
archivistes
Ceux qui donnent une saveur légèrement bureaucratique
auditeurs
prospectivistes
experts en gouvernance
analystes territoriaux
spécialistes des politiques publiques
chargés d'évaluation
consultants en concertation
Là on sent immédiatement le comité interministériel.

Mais mes préférés pour ton projet sont sans doute :
sémioticiens (pour interpréter les signes produits par les lézards)
chorégraphes (pour analyser leurs déplacements)
cartographes (pour représenter les territoires partagés)
archivistes (pour conserver la mémoire des relations rail-reptiles)
philosophes (parce qu'une administration suffisamment ambitieuse finit toujours par employer des philosophes)
parfumeurs (complètement inattendu mais pas totalement absurde)
acousticiens (très plausible dans le ferroviaire)
herpétologues (l'unique spécialiste dont tout le monde suppose qu'il est le plus important, alors qu'il passe son temps à remplir des formulaires)
J'avoue avoir un faible pour une Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant composée d'écologues, d'informaticiens, de linguistes, de philosophes, de chorégraphes, de parfumeurs et d'archivistes. On ne sait plus très bien s'il s'agit d'un laboratoire de recherche, d'une administration ou d'une œuvre d'art, ce qui me semble être exactement l'effet recherché. 😄

Merci pour tes propositions !! Voici donc la composition de mes Équipes d'Optimisation des Relations au vivant : évidemment les herpéthologues, mais aussi des écologues, des éthologues, des biologistes, des hydrologues, des géologues, des géographes, des photographes, des climatologues, des juristes, des philosophes, des anthropologues, des linguistes, des sémioticiens, des acousticiens, des chorégraphes, des artistes, des historiens, des électroniciens, des nutritionnistes, des ergonomes, des informaticiens, des mathématiciens et enfin des statisticiens. Voici maintenant la 5ème question, plutôt technique : voilà, dans cette équipe, l'herpéthologue spécialiste des reptiles du réseau ferré (Eric Graitson, car c'est inspiré de données réelles) a mis en place un groupe d'étude des lézards. Ce groupe, pour densifier les données sur les lézards, met en place des technologies et capteurs qui permettent d'automatiser la détection de présence de lézards sur les voies ferrées. Il faut savoir que des équipes d'inventaires qui cherchent les lézards, peuvent les compter sans les toucher, en se focalisant sur : les longs murs de soutènement ensoleillés, les ouvrages d’art, les passages à niveaux, ils soulèvent les dalles en béton qui couvrent les caniveaux (« cavaliers passe-câbles »), les talus, les fossés, les vieilles traverses en bois. Il faut aussi savoir que les lézards ne produisent pas leur propre chaleur donc des technologies type détecteur thermique ne pourraient pas fonctionner, peut-être plutôt des détecteurs de mouvement ? mais alors cela impliquerait de ne repérer que les lézards qui sortent ? Sinon il ne me semble pas que les lézards produisent de bruits, qu'on pourrait détecter à une certaine fréquence ? As-tu des idées ? Ça pourrait consister à automatiser le comptage (mais ça ne me paraîtrai pas forcément impressionnant), ça pourrait être des systèmes embarqués sur les trains (après vu le boucan que produisent ces appareils, ce serait perdu d'avance parce que les lézards se planqueraient d'avance en les entendant arriver ?) Peux-tu me donner des idées à partir de technologies de ouf qui ont été développées récemment ou sur lesquelles on est toujours en recherche actuellement ?

Là, tu touches à quelque chose que je trouve très intéressant : si ton récit est une utopie administrative, les technologies ne doivent pas seulement être performantes. Elles doivent aussi refléter la philosophie du monde que tu inventes.
D'ailleurs, le fait que tu cites Eric Graitson est précieux parce que cela te donne un point d'ancrage très réaliste : on sait déjà où les lézards sont susceptibles de se trouver (cavaliers passe-câbles, murs de soutènement, traverses, talus, etc.). Du coup, l'objectif n'est pas forcément de repérer des lézards partout, mais de surveiller intelligemment les micro-habitats connus.
Quelques pistes :
1. Caméras IA sur les habitats à lézards (très crédible aujourd'hui)
C'est probablement la technologie la plus réaliste.
On installe de petites caméras autonomes à énergie solaire sur :
cavaliers passe-câbles
murs exposés au soleil
passages à niveau
talus
Une IA est entraînée à reconnaître :
Lézard des murailles
Lézard vert
Orvet
Mulot
Chat
Feuille morte
Ombre
et comptabilise automatiquement les passages.
C'est déjà le genre de chose qu'on fait pour certaines espèces animales.
Dans ton monde, les statisticiens de l'Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant pourraient produire un :
Indice National d'Occupation Reptilienne des Infrastructures Ferroviaires (INORIF)
dont personne ne comprend vraiment le calcul.

2. "Jumeau numérique" des lézards du réseau
Là on commence à entrer dans la science-fiction crédible.
Les géologues, climatologues, hydrologues et écologues modélisent :
température des pierres
humidité
exposition solaire
orientation des murs
vibrations des trains
végétation
L'IA déduit :
"Probabilité de présence de lézard : 87 %"
sans même avoir besoin de voir un lézard.
On ne détecte plus les animaux.
On détecte les conditions dans lesquelles ils ont envie d'être là.
Je trouve ça très beau conceptuellement.

3. Réseau de pierres intelligentes
Mon préféré.
Des fausses pierres sont dispersées dans les talus.
Elles mesurent :
température
humidité
vibrations
pression
Lorsqu'un lézard vient se chauffer dessus :
légère variation thermique
légère variation de poids
micro-vibrations
Les données sont envoyées au réseau.
Les lézards ne sont jamais dérangés.
Dans un rapport administratif :
"Le déploiement de 12 000 unités minérales communicantes a permis d'améliorer de 18 % la connaissance des populations reptiliennes."
C'est merveilleux.

4. Analyse vidéo depuis les trains
Étonnamment plausible.
Les trains sont équipés de caméras ultra-haute définition.
L'IA analyse :
murs
ballast
talus
après le passage du train.
Comme la caméra regarde loin devant, elle peut parfois voir un lézard avant qu'il ne se cache.
Ce n'est pas impossible technologiquement.

5. Radar miniature
Là on est dans la recherche actuelle.
Il existe aujourd'hui des radars capables de détecter :
oiseaux
chauves-souris
insectes
On pourrait imaginer un réseau de micro-radars spécialisés dans les déplacements de petits reptiles.
Le côté "technologie de pointe pour suivre des lézards qui prennent le soleil" me paraît très drôle.

6. L'idée la plus poétique : les capteurs de thermorégulation
Tu as très justement remarqué qu'un lézard ne produit pas sa chaleur.
Mais justement :
un lézard modifie la température des objets qu'il utilise.
Imagine :
pierres instrumentées
traverses instrumentées
cavaliers passe-câbles instrumentés
Le système ne détecte pas le lézard.
Il détecte :
qu'une pierre orientée sud a été occupée entre 11 h 17 et 11 h 43.
Le rapport indique alors :
"Taux d'utilisation des surfaces thermiques ferroviaires : 72 %."
On est exactement dans ce mélange de science réelle et d'absurdité bureaucratique que tu sembles rechercher.

Et si je devais imaginer la grande invention emblématique de ton monde, celle dont les chorégraphes, sémioticiens, mathématiciens et herpétologues seraient tous fiers, ce serait :
Le Réseau National de Pierres Sensibles.
Des milliers de pierres artificielles disséminées le long des voies. Elles ne surveillent pas les lézards ; elles enregistrent la manière dont les lézards habitent le territoire. Les données sont ensuite interprétées par des statisticiens, des philosophes, des chorégraphes et des sémioticiens afin d'améliorer la coexistence entre reptiles et infrastructures.
C'est technologiquement crédible, légèrement absurde, très poétique, et ça colle parfaitement à l'esprit de ton projet.

Merci ! ce sont d'excellentes idées, j'adore les pierres intelligentes. Je suis en train de travailler des récits de ces projets. Voici un extrait qui présente les détecteurs thermiques mis en place par SNCF Réseau : "elle capte un spectre restreint de températures pour une plus grande précision, allant de 15°C, la température minimale d’activité des lézards, à 70°C, une température classique de pour des rails chauffés par le soleil". Je suis sûre qu'il existe un mot ou une expression plus précise et professionnelle pour exprimer la précision du détecteur, vue que le spectre de températures est restreint, on peut avoir plus de nuances dessus

Oui, il existe plusieurs façons de l'exprimer, selon que tu veuilles sonner comme un ingénieur, un chercheur ou un communicant de SNCF Réseau. 😄
Le concept derrière ton idée est réel : lorsqu'un capteur est conçu pour mesurer une plage plus restreinte, on peut souvent améliorer sa résolution, sa sensibilité ou sa discrimination thermique.
Quelques formulations :
Très technique
Elle capte une plage thermique restreinte, de 15 °C à 70 °C, afin d'augmenter sa résolution de mesure.
ou
Le capteur est calibré sur une plage thermique comprise entre 15 °C et 70 °C, ce qui permet d'obtenir une résolution thermique accrue.
ou encore
En limitant sa plage de détection aux températures pertinentes pour l'activité reptilienne, le dispositif bénéficie d'une meilleure discrimination thermique.
J'aime beaucoup "discrimination thermique", ça sonne très sérieux.

Style rapport de recherche
La plage de détection a volontairement été restreinte aux températures d'intérêt écologique afin d'augmenter la finesse des mesures.
ou
Le capteur concentre sa capacité d'analyse sur les températures biologiquement pertinentes, permettant une caractérisation plus fine des microhabitats fréquentés par les lézards.
Là on commence à entendre les écologues de ton Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant.

Style techno-bullshit parfaitement adapté à ton univers
Le système privilégie la pertinence thermique à l'amplitude thermique.
Je trouve cette phrase délicieuse parce qu'elle ressemble exactement à quelque chose qu'un Responsable Synergies Écosystémiques pourrait dire lors d'un colloque.
Ou encore :
La réduction volontaire du domaine de mesure permet une lecture à haute définition des dynamiques thermiques reptiliennes.
Le capteur a été optimisé pour les températures de confort lézard.
Le dispositif offre une granularité thermique adaptée aux usages reptiliens du réseau.
"Granularité thermique" est particulièrement savoureux.

Si je devais écrire un extrait pour ton récit, je partirais peut-être sur quelque chose comme :
« Contrairement aux caméras thermiques conventionnelles, le dispositif se concentre sur une plage de températures comprise entre 15 °C, seuil minimal d'activité des lézards, et 70 °C, température couramment atteinte par les rails exposés au soleil. Cette restriction volontaire du domaine de mesure permet d'obtenir une résolution thermique accrue et une caractérisation plus fine des usages reptiliens de l'infrastructure ferroviaire. »
Je trouve que ça atteint un bon équilibre : suffisamment crédible pour ressembler à un vrai document technique, mais avec ce léger parfum de "rapport sur les usages reptiliens de l'infrastructure ferroviaire" qui fait tout le charme de ton projet. 😄

Là j'essaye d'utiliser un peu du jargon technique découvert au cours de mes recherches, peux-tu me dire si cette formulation est correcte (mon emploi du terme granulométrie) : sont capables de mesurer la température d’une surface de 4cm, c’est-à-dire la taille minimale de granulométrie des cailloux sélectionnés pour le ballast, à une distance de 40m

Je pense qu'il y a un petit problème avec l'usage de granulométrie.
En géologie, génie civil ou ferroviaire, la granulométrie ne désigne pas un caillou individuel mais plutôt la distribution des tailles des grains ou éléments d'un matériau. On dira par exemple :
« la granulométrie du ballast est comprise entre 31,5 et 50 mm »
ou
« ballast de granulométrie 25/50 ».
Du coup, cette phrase :
« la taille minimale de granulométrie des cailloux sélectionnés pour le ballast »
sonne un peu étrange pour un spécialiste, car on mélange la notion de granulométrie (distribution) et celle de taille d'un élément.
Je te proposerais plutôt :
« ...sont capables de mesurer la température d'une surface de 4 cm, soit l'ordre de grandeur des plus petits éléments constituant le ballast, à une distance de 40 m. »
ou
« ...soit la dimension minimale des pierres composant le ballast. »
ou encore, plus technique :
« ...soit la borne inférieure de la classe granulométrique retenue pour le ballast. »
Cette dernière formulation est celle qui me semble la plus proche du jargon d'ingénieur.
Par exemple :
« Les capteurs sont capables de mesurer la température d'une surface de 4 cm à une distance de 40 m, soit approximativement la borne inférieure de la classe granulométrique du ballast. »
D'ailleurs, si ton ballast est inspiré du réseau ferré réel, 4 cm (40 mm) est très cohérent : les ballast modernes sont souvent dans des classes granulométriques autour de 31,5/50 mm ou 35/50 mm. Le lecteur ferroviaire averti ne lèvera pas les yeux au ciel. 😉
Un autre détail qui sonne très "rapport SNCF Réseau" serait de remplacer surface de 4 cm par :
« une résolution spatiale de 4 cm »
ou
« une empreinte de mesure de 4 cm »
Par exemple :
« Les capteurs offrent une résolution spatiale de 4 cm à 40 m de distance, correspondant à la borne inférieure de la granulométrie du ballast. »
Là, on est vraiment dans le ton techno-administratif crédible que tu sembles rechercher.

Comme je suis une prouveuse et que j'aime mes lecteurs, je ne veux pas utiliser du jargon sans l'expliquer, peux-tu me dire si cette explication est correcte ? "Les modèles de capteurs mis en place par SNCF Réseau sont capables de mesurer la température d’une surface de 31mm, soit la borne inférieure de la classe granulométrique retenue pour le ballast, c’est-à-dire la borne minimale de la distribution des tailles des cailloux, à une distance de 35m"

Oui, c'est globalement correct, mais je pense que tu peux l'alléger un peu pour éviter l'impression de définition emboîtée dans une autre définition.
D'un point de vue technique :
classe granulométrique : correct ;
borne inférieure : correct ;
distribution des tailles des cailloux : correct ;
en revanche, "borne minimale" est un peu redondant puisque borne inférieure signifie déjà cela.
Je proposerais plutôt :
« Les modèles de capteurs mis en place par SNCF Réseau sont capables de mesurer la température d’une surface de 31 mm à une distance de 35 m. Cette dimension correspond à la borne inférieure de la classe granulométrique retenue pour le ballast, c’est-à-dire à la taille des plus petits cailloux utilisés dans sa composition. »
Je trouve cette version plus fluide parce qu'elle traduit immédiatement le jargon en langage courant.
Si tu tiens à conserver le terme distribution des tailles, qui est effectivement la définition la plus rigoureuse de la granulométrie, je reformulerais ainsi :
« Les modèles de capteurs mis en place par SNCF Réseau sont capables de mesurer la température d’une surface de 31 mm à une distance de 35 m. Cette valeur correspond à la borne inférieure de la classe granulométrique du ballast, autrement dit à la plus petite taille admise dans la distribution des dimensions des cailloux qui le composent. »
Et si je me mets dans la peau d'un visiteur de ton exposition, je pense que la première version est la meilleure : elle garde le vocabulaire technique (classe granulométrique) tout en donnant immédiatement une image concrète (les plus petits cailloux du ballast).
D'ailleurs, il y a quelque chose que j'aime beaucoup dans ton idée : le fait que la performance du capteur soit exprimée non pas par un chiffre abstrait, mais par sa capacité à distinguer thermiquement un seul caillou de ballast à 35 mètres de distance. C'est une comparaison très parlante et très ferroviaire.

Ok, voici donc les technologies que j'ai choisi de garder pour mon histoire : 1- ma 2ème technologie préférée : les détecteurs thermiques qui captent moins les corps des lézards que les variations inhabituelles des matériaux que les lézards utilisent pour se réchauffer 2- Les caméras IA qui comptent automatiquement et envoient les vidéos enregistrées de lézards avec leurs métadonnées au Groupe d’Étude des Populations de Reptiles du Réseau Ferré Français (GÉPRRFF). J'ai rajouté des acronymes, je trouve que ça complète le côté bullshit. 3- enfin ma technologie préférée, comme toi, les cailloux intelligents qui détectent les présences de petits animaux. Ces cailloux ont l'avantage de pouvoir enregistrer les données sous la surface du ballast, et servent à détecter des zones d'intérêt où envoyer des équipes pluridisciplinaires. Les zones d'intérêt étant des zones dont les cailloux enregistrent le plus de présences, ou alors les cailloux enregistrant des variations inhabituelles, y compris des baisses de fréquentation. Pour compléter ma question n°5 un peu technique, pour l'instant je t'ai demandé de me proposer des technologies qui puissent aider à la détection des lézards, dans le but d'aider aux inventaires, parce que c'est le principal objet de recherche dont j'ai connaissance qui puisse intéresser les scientifiques. Mais les technologies dépendent des hypothèses de recherche et des sujets qui intéressent les scientifiques. Du coup, et si l'hypothèse était la recherche pour faire du biomimétisme, ou les recherches sur les populations de lézards déplacées sur les trains de marchandises (Graitson), ou encore leurs adaptation face à l'anthropocène, au réchauffement climatique... quels autres sujets pourraient intéresser les chercheurs ?

Je crois que tu tiens quelque chose de très fort avec les cailloux intelligents parce qu'ils changent subtilement la nature de la recherche : on ne cherche plus seulement des lézards, on cherche à comprendre comment ils habitent l'infrastructure. Ça ouvre énormément de pistes.
D'ailleurs, ton GÉPRRFF est parfait. C'est exactement le genre d'acronyme qui finit par être prononcé comme un mot incompréhensible par les initiés ("le gépeurf"), au point que plus personne ne sait ce qu'il signifie. 😄
Pour les sujets de recherche, je partirais de la question suivante :
Une fois qu'on a suffisamment de données sur les lézards, qu'est-ce qu'on cherche à comprendre ?
Et là, les possibilités explosent.

1. Les voies ferrées comme écosystème autonome
C'est probablement le sujet le plus intéressant scientifiquement.
Au départ, on considère les voies ferrées comme des infrastructures.
Puis les chercheurs découvrent qu'elles constituent :
des habitats
des corridors écologiques
des refuges thermiques
des zones de dispersion
Bref, un véritable milieu de vie.
La question devient :
Les voies ferrées forment-elles un écosystème à part entière ?
Tu peux imaginer des débats passionnés entre écologues et philosophes.

2. Les lézards comme indicateurs du changement climatique
Sujet très crédible.
Les lézards sont sensibles :
à la température
à l'humidité
aux périodes de sécheresse
Les cailloux intelligents deviennent alors un immense observatoire climatique.
Les chercheurs utilisent les lézards comme :
bio-indicateurs thermiques.
Ce qui est assez élégant.

3. Les migrations ferroviaires involontaires
L'idée de Graitson est fascinante.
Les trains de marchandises deviennent des vecteurs biologiques.
Questions possibles :
Comment voyagent les lézards ?
Jusqu'où ?
Quels individus survivent ?
Créent-ils de nouvelles populations ?
On pourrait même imaginer que certaines lignées de lézards deviennent spécialisées dans les infrastructures ferroviaires.
Les généticiens découvrent :
des populations dont l'histoire est directement écrite par les flux logistiques européens.
Je trouve ça magnifique.

4. Cartographie des cultures reptiliennes
Là on entre dans ton univers.
Les anthropologues et les sémioticiens commencent à s'intéresser aux comportements locaux.
Ils découvrent que certaines populations :
préfèrent les traverses
évitent certains matériaux
utilisent différemment les talus
Les chercheurs commencent alors à parler de :
traditions thermiques locales.
C'est évidemment absurde.
Mais juste assez plausible pour être troublant.

5. Biomimétisme ferroviaire
Comme tu l'évoquais.
Les ingénieurs se demandent :
Pourquoi les lézards choisissent-ils toujours certaines configurations ?
Ils découvrent des optimisations remarquables :
gestion de la chaleur
circulation de l'air
évacuation de l'eau
stockage thermique
Les futurs équipements ferroviaires s'inspirent des habitats sélectionnés par les lézards.
Les lézards deviennent des consultants involontaires.

6. Les comportements collectifs invisibles
Sujet que j'adore.
Grâce aux milliards de données produites par les cailloux intelligents :
certains talus sont fréquentés le matin
d'autres l'après-midi
certains uniquement après la pluie
certains uniquement lors des canicules
Les mathématiciens découvrent des motifs spatiaux inattendus.
Les chorégraphes sont invités à les interpréter.
Personne ne sait vraiment pourquoi.

7. Les négociations thermiques
Sujet très Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant.
Les chercheurs étudient :
quelles températures attirent les lézards
quelles températures favorisent certaines espèces
quelles températures permettent la coexistence
On finit par concevoir :
des infrastructures thermiquement hospitalières.
J'imagine parfaitement cette expression dans ton univers.

8. La mémoire des lieux
Mon sujet préféré avec les pierres intelligentes.
Après plusieurs décennies de données, les historiens rejoignent le projet.
Ils étudient :
les mêmes talus
les mêmes murs
les mêmes fossés
sur cinquante ans.
Les chercheurs commencent alors à parler de :
patrimoine reptilien ferroviaire.
Certaines pierres deviennent historiques.
Des plaques commémoratives sont installées.

9. Les lézards comme experts de l'Anthropocène
C'est peut-être le plus beau sujet.
Les chercheurs réalisent que les lézards ne sont pas seulement des victimes de l'infrastructure.
Ils s'en servent.
Ils la détournent.
Ils l'exploitent.
Ils l'habitent.
La question n'est plus :
Comment protéger les lézards des voies ferrées ?
mais :
Que peuvent nous apprendre les lézards sur la manière d'habiter un monde transformé par les humains ?
Là, tes philosophes, anthropologues, écologues, historiens et artistes ont de quoi travailler pendant des décennies.
Et surtout, cela justifie parfaitement la présence de tous les métiers de ton Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant. Dans un récit purement naturaliste, un chorégraphe ou un sémioticien paraissent absurdes. Mais si l'objet d'étude devient la coexistence entre infrastructures et formes de vie, alors leur présence devient soudain presque logique. C'est ce glissement que je trouve particulièrement réussi dans ton projet.

Ok, ce sont de bonnes idées, j'ai retenu : - Dans la lignée des travaux de Graitson, suivi de l’évolution des lézards avec les infrastructures / généticiens. Des lignées spécifiques aux voies ferrées ? - Optimisations des corps des lézards des voies ferrées inspirantes pour le biomimétisme / pour les technologies des voies ferrées ? - Les différences d’occupation des talus et voies ferrées selon les individus de même espèces => au-delà des différences d’apparence, des différences de comportements, selon le sexe ? Sans critères corporel particuliers ? Mais en fait le sujet qui m'intéresse le plus c'est le rapport qu'entretiennent les lézards avec le passage des bourreuses, pour l'étudier, quelles technologies pourraient être mises en œuvre ?

Ah ! Là je crois qu'on arrive au cœur de ton projet. Parce qu'en réalité, si l'on prend au sérieux la situation, la question scientifique n'est plus :
« Où sont les lézards ? »
mais :
« Que représente une bourreuse pour un lézard ? »
Est-ce une perturbation ? Un danger ? Une source de chaleur ? Une modification de l'habitat ? Un événement routinier ? Une opportunité ?
Et à partir de là, les technologies deviennent beaucoup plus intéressantes.

1. Les "cailloux intelligents" avant / pendant / après le bourrage
Je pense que c'est la plus élégante.
Les cailloux enregistrent :
la fréquentation avant l'intervention
pendant l'intervention
quelques heures après
quelques jours après
quelques mois après
On ne mesure plus les lézards directement.
On mesure :
les changements d'usage du territoire.
Peut-être que les lézards disparaissent pendant deux jours.
Peut-être qu'ils reviennent davantage ensuite parce que le ballast est plus meuble.
Peut-être qu'ils préfèrent les zones fraîchement bourrées.
C'est une vraie question scientifique.

2. Les bourreuses elles-mêmes deviennent des laboratoires
Ça, j'adore.
Les bourreuses sont équipées :
de caméras
de lidars
de détecteurs thermiques
de capteurs vibratoires
Elles cartographient le territoire qu'elles traversent.
Après chaque chantier, elles transmettent leurs données au GÉPRRFF.
Tu pourrais même imaginer que les bourreuses les plus récentes possèdent un :
Module d'Observation Reptilienne Embarquée (MORE)
ou
Système de Lecture Écosystémique en Temps Réel (SLETR)
parce qu'un acronyme de plus ne fait jamais de mal.

3. Les capteurs vibratoires
C'est probablement la technologie la plus pertinente scientifiquement.
Les lézards perçoivent très bien les vibrations du sol.
Les chercheurs pourraient chercher à comprendre :
à quelle distance un lézard détecte une bourreuse ;
à quel moment il se met à l'abri ;
quels niveaux vibratoires provoquent quelles réactions.
Les géologues, acousticiens et éthologues auraient alors énormément de travail.

4. Les balises individuelles miniatures
Version très recherche.
Quelques lézards sont équipés de minuscules balises.
On suit :
leurs déplacements ;
leur vitesse ;
leurs refuges ;
leur retour après intervention.
On découvre alors quelque chose de fascinant :
certains individus quittent systématiquement les lieux avant le chantier.
D'autres restent.
D'autres encore semblent suivre les zones nouvellement bourrées.

5. Les jumeaux numériques comportementaux
Très "2035".
Les mathématiciens construisent des modèles capables de prédire :
comment un lézard donné réagira à une intervention donnée.
Ils utilisent :
météo ;
âge du ballast ;
heure ;
température ;
historique des fréquentations.
L'objectif n'est plus de compter.
L'objectif est de simuler.

6. Ce que j'aime le plus : l'étude des trajectoires d'évitement
Imagine :
Les caméras IA et les cailloux intelligents permettent de reconstruire les déplacements.
Les chercheurs découvrent alors que les lézards ne fuient pas n'importe comment.
Ils utilisent :
certains fossés ;
certaines traverses ;
certains murs ;
certaines zones d'ombre.
Autrement dit :
les lézards possèdent leurs propres itinéraires d'évacuation.
À partir de là, les ingénieurs créent des :
Corridors Temporaires de Repli Reptilien (CTRR)
mis en place avant les chantiers.
C'est exactement le genre de mesure que pourrait imaginer ton univers.

Et la question la plus belle, à mon avis
Les philosophes, sémioticiens et chorégraphes de l'Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant finissent par convaincre le GÉPRRFF de ne plus étudier seulement les effets de la bourreuse sur les lézards.
Ils inversent la question :
Les lézards anticipent-ils le passage des bourreuses ?
Parce que si les lézards détectent :
les vibrations ;
les fréquences sonores ;
les changements thermiques ;
les préparatifs humains ;
alors ils développent peut-être une véritable connaissance pratique de la machine.
Dans ton univers, je trouverais magnifique qu'après dix ans de recherche, le principal résultat du programme soit :
« Les populations de lézards étudiées semblent capables d'anticiper l'arrivée d'une bourreuse entre 17 et 43 minutes avant son passage effectif. »
Personne ne sait exactement comment.
Les chercheurs continuent donc à étudier les lézards.
Et les lézards continuent à observer les bourreuses.
Ce qui est, au fond, une relation beaucoup plus intéressante qu'une simple relation de perturbation écologique.

existe-t-il des données concernant la fréquence à laquelle on passe des bourreuses sur les voies ferrées ? Aussi, peux-tu me dire si cette information est exacte ou fausse : "Les lézards vivaient à l’origine dans des milieux qui ont disparu. Cependant ils aiment finalement des milieux anthropisés comme les cimetières ou les voies ferrées"

Pour ta première question : il n'existe pas une fréquence unique de passage des bourreuses.
Le bourrage dépend notamment :
du trafic de la ligne ;
des charges à l'essieu ;
de l'état du ballast ;
de la géométrie de la voie ;
des conditions climatiques ;
du niveau de performance recherché.
Sur une ligne principale très circulée, on trouve des ordres de grandeur de 3 à 5 ans entre deux bourrages généralisés, tandis que des lignes moins sollicitées peuvent attendre 7 à 10 ans.
Mais attention : dans la pratique ferroviaire, certaines zones problématiques peuvent être reprises beaucoup plus souvent. J'ai même trouvé un exemple de ligne vieillissante où certaines portions étaient rebourrées toutes les deux à quatre semaines en attendant une rénovation lourde.
Pour ton récit, c'est presque plus intéressant :
Les lézards ne vivent pas avec la bourreuse.
Ils vivent avec des rythmes de bourrage très différents selon les territoires.
Certains groupes de lézards pourraient ainsi connaître une intervention tous les quelques mois, d'autres seulement tous les plusieurs années.

Pour ta deuxième question, la phrase :
« Les lézards vivaient à l'origine dans des milieux qui ont disparu. Cependant ils aiment finalement des milieux anthropisés comme les cimetières ou les voies ferrées. »
est partiellement vraie mais formulée de façon un peu trompeuse.
Je la corrigerais ainsi :
Ce qui est vrai
De nombreuses espèces de lézards européennes apprécient :
les milieux ouverts ;
les sols secs ;
les pierres ;
les fissures ;
les zones chaudes et bien exposées.
Or beaucoup de milieux créés par les humains reproduisent involontairement ces caractéristiques :
murs en pierre ;
carrières ;
friches ;
voies ferrées ;
cimetières ;
ruines ;
talus routiers.
Les voies ferrées constituent donc souvent d'excellents habitats pour certaines espèces.
Ce qui est moins exact
Dire que :
« les lézards vivaient dans des milieux qui ont disparu »
est trop général.
Les lézards existaient bien avant les humains et occupaient déjà :
falaises ;
éboulis ;
lisières ;
landes ;
affleurements rocheux ;
dunes ;
clairières.
Ces milieux n'ont pas disparu en bloc.
Ce qui est plus juste, c'est que certains paysages anthropisés remplacent aujourd'hui des habitats ouverts devenus plus rares.
Par exemple, dans plusieurs régions européennes, les friches ferroviaires peuvent parfois offrir davantage de surfaces chaudes et ouvertes que des campagnes intensivement cultivées.

Je pense qu'une formulation très proche de ton sujet pourrait être :
« Bien que les lézards n'aient évidemment pas attendu l'apparition du chemin de fer pour exister, plusieurs espèces trouvent dans les infrastructures ferroviaires des conditions comparables à celles des milieux rocheux ouverts qu'elles fréquentent naturellement : chaleur, ensoleillement, refuges minéraux et faible perturbation humaine entre les interventions de maintenance. »
Ou, dans le ton semi-scientifique de ton univers :
« Les voies ferrées ne constituent pas un habitat naturel pour les lézards. Elles reproduisent cependant de nombreuses caractéristiques recherchées par ces reptiles, au point que certaines populations semblent aujourd'hui entretenir avec l'infrastructure ferroviaire une relation de voisinage particulièrement étroite. »
Cette deuxième version me paraît très compatible avec ton idée centrale : les lézards ne sont pas simplement "tolérants" aux voies ferrées, ils ont développé une véritable manière de les habiter.

Je cherche un matériau souple qui emmagasine bien la chaleur

Si ton critère principal est souple + capable d'emmagasiner beaucoup de chaleur, il faut distinguer plusieurs choses :
stocker beaucoup d'énergie thermique (forte capacité thermique) ;
rester chaud longtemps (capacité thermique + isolation) ;
conduire rapidement la chaleur (conductivité).
Quelques matériaux intéressants :
Eau (la championne)
Très forte capacité thermique.
Souple si contenue dans une poche ou un coussin.
Utilisée dans les bouillottes.
C'est difficile de faire mieux pour stocker de la chaleur à masse égale.
Gel thermique
Les gels utilisés dans les poches chauffantes.
Souples.
Bonne capacité de stockage grâce à leur forte teneur en eau.
Peuvent épouser la forme du support.
Silicone
Très souple. Supporte bien les variations de température.
Stocke moins de chaleur que l'eau mais davantage que beaucoup de mousses légères.
Souvent utilisé dans des applications techniques.
Caoutchouc dense
Souple.
Masse importante.
Peut accumuler une quantité appréciable de chaleur.
Utilisé parfois pour des tapis ou revêtements thermiques.
Matériaux à changement de phase (PCM)
Très à la mode dans la recherche.
Emmagasinent beaucoup de chaleur lors de leur fusion.
Peuvent être intégrés dans des gels, textiles ou polymères souples.
C'est probablement la solution la plus "technologie du futur".
Pour ton univers ferroviaire-lézardesque, je verrais très bien quelque chose comme :
« des coussinets thermiques en silicone chargés en matériaux à changement de phase, reproduisant la capacité des pierres à accumuler la chaleur solaire »
ou
« des dalles souples à cœur gélifié offrant aux reptiles des surfaces de thermorégulation à haute inertie thermique ».
Ça sonne à la fois crédible, technique et légèrement excessif — parfait pour une invention de l'Équipe d'Optimisation des Relations au Vivant. 😄
D'ailleurs, si ton objectif est d'imiter une pierre chaude appréciée par les lézards, il peut être plus pertinent de rechercher un matériau à forte inertie thermique qu'un matériau simplement "qui chauffe beaucoup". Une pierre plaît souvent aux lézards parce qu'elle se réchauffe lentement et reste chaude longtemps.

merci ! Dernière question (peut-être) : Imagine que SNCF fait de grands efforts envers les lézards, et que les voyageur•ses quotidien•nes commencent, eux-aussi, à apprécier les lézards des abords de voies. Quels tweets pourraient-ils poster en discussion avec les community manager de leur ligne de RER ? En m'inspirant des tweets existants, j'ai pensé à : "@RERC_SNCF Au fait à quelle heure ouvre le zoo des lézards ? C est mimi des lézards !". Pourrais-tu me proposer d'autres tweets vraisemblables qui témoignerait que les voyageur•ses se mettent à apprécier les lézards ?

J'adore cette idée parce qu'elle est très crédible. Les comptes de transport reçoivent déjà des messages sur les chats des gares, les moutons d'éco-pâturage, les canards, les lapins aperçus depuis les quais... Donc dans un monde où les lézards seraient devenus un sujet connu du réseau, les usagers finiraient forcément par développer une forme d'attachement collectif.
Je pense que les tweets les plus vraisemblables ne seraient pas des déclarations d'amour aux lézards, mais des messages du quotidien où les lézards sont devenus un élément familier du service public.
Par exemple :
@RERC_SNCF Le lézard du PK 17,2 était bien au rendez-vous ce matin. Plus ponctuel que moi.
@RERC_SNCF Est-ce que quelqu'un a prévenu les lézards qu'il allait pleuvoir ? Aucun sur le mur de soutènement aujourd'hui.
@RERC_SNCF Mon fils veut savoir comment on devient conducteur de RER pour voir les lézards de plus près.
@RERC_SNCF Toujours pas de train mais au moins nous avons observé trois lézards verts et un lézard des murailles. Merci pour l'animation.
@RERC_SNCF Bonjour, est-il normal que les lézards aient déjà réinvesti le ballast alors que les travaux sont terminés depuis moins d'une semaine ? Ils sont très efficaces.
@RERC_SNCF Est-ce qu'il existe une carte des meilleurs spots à lézards du réseau ?
@RERC_SNCF Je prends cette ligne depuis quinze ans. J'ai reconnu ce matin le gros lézard qui vit près du passage à niveau de Choisy. Je refuse d'entendre qu'il pourrait s'agir d'un autre individu.
@RERC_SNCF Les lézards ont-ils aussi un compte Navigo ou bénéficient-ils d'un accord spécifique avec SNCF Réseau ?
@RERC_SNCF Bonjour. Je souhaite signaler qu'un lézard observait les travaux avec beaucoup de sérieux ce matin. Je pense qu'il faisait partie de l'équipe.
@RERC_SNCF J'attends désormais les statistiques mensuelles de fréquentation des lézards avec plus d'impatience que les bulletins trafic.
Tu peux aussi imaginer l'émergence d'une véritable culture d'usagers :
@RERC_SNCF Les habitués du train de 7h42 savent.
@RERC_SNCF Je confirme la présence du grand mâle vert du talus sud. Très belle prestation aujourd'hui.
@RERC_SNCF Le lézard de Vitry est de retour. L'été peut officiellement commencer.
@RERC_SNCF Est-ce que les lézards sont au courant du changement d'horaire de la ligne ?
Et ma préférée, parce qu'elle ressemble vraiment à Internet :
@RERC_SNCF Je demande officiellement que le lézard du km 23,8 soit nommé mascotte de la ligne.
Puis deux semaines plus tard :
@RERC_SNCF Où en est la procédure de nomination du lézard du km 23,8 ?
Puis :
@RERC_SNCF Nous sommes plus de 800 signataires de la pétition pour le lézard du km 23,8.
Et enfin le community manager :
Bonjour. La demande a été transmise aux équipes concernées. 🦎
Ce genre de micro-blague collective me paraît très réaliste : ce n'est pas tant que les voyageurs deviennent passionnés d'herpétologie, c'est qu'un petit morceau de biodiversité locale devient progressivement un personnage récurrent du quotidien ferroviaire. C'est souvent comme ça que naissent les mascottes involontaires.

Ce qui m’intéresse dans chaque référence :


LE STADE CHATON-ASPIRATEUR DE L’HUMANITÉ :
  • Récit de connexion inter-espèces / machine : chatons-aspirateurs-humains
  • Intérêt technologique du projet : technologies poussées EEG, aspirateur automatique qui interagit
  • Un récit de projet pour envisager l’impossible : impossible à mettre en œuvre mais on peut quand même le penser et voir les déplacements de pensée qu’il permet
  • Un récit de projet pour anticiper l’avenir du projet : pour une fois, c’est avant de mettre en œuvre le projet qu’on réfléchit à la manière dont il sera perçu, et aux effets (notamment négatifs) qu’il aura sur la société
  • Le récit permet les rebondissements : dynamisme
  • Ton humoristique et réalisme de la fiction
GOAT MAN :
  • Récit de connexion inter-espèces
  • Décalage humoristique : développé très sérieusement alors que l’objectif initial est humoristique
  • Récit de projet : amener des métadonnées au projet
  • L’humain qui se plie au monde des chèvres : prend la posture d’une chèvre, mange comme une chèvre, s’immerge parmi les chèvres
  • L’engagement corporel du designer
TRANSPORTS EXCEPTIONNELS :
  • Récit de connexion entre humain et machine
  • Décalage humoristique : entre la machine massive, grossière et forte et le danseur agile, élégant, poétique
ANTFARM :
  • Récit de connexion / communication inter-espèces
  • Intérêt technologique du projet : les architectes ont envisagé toutes les technologies permises par leur époque, notamment vidéo et sonores, au service de la science et de la communication
  • Récit de projet : amener des métadonnées pour un projet qui n’a jamais vu le jour
  • L’humain qui se plie au monde des dauphins : observatoire dans le milieu des dauphins + bassins de l’observatoire directement ouverts sur l’océan, permettre le libre arbitre des dauphins étudiés
  • L’engagement corporel/intellectuel des architectes : ils sont partis en voyage en Australie pour se connecter avec des dauphins après leurs dessins et avant la mise en œuvre du projet

Degoutin, Stéphane, et Gwenola Wagon
« Le stade chaton-aspirateur de l’humanité »


Le Comportement des choses,
Édité par Emanuele Quinz,
Presses universitaires de Paris Nanterre,
2021,
Chapitre accessible à ce lien : https://books.openedition.org/pupo/26872

Essai fictif dans un recueil collectif sur les objets animés. Explication des mésaventures autour d’un projet d’aspirateur connecté aux chats, le projet, sa perception par les utilisateurs, l’évolution du projet, les questions philosophiques qu’il soulève.

Image 1 source inconnue, image 2 Stone Mountain Counseling PC, stonemountaincenter.com. Images utilisées pour illustrer le chapitre « le stade chaton aspirateur de l’humanité », écrit par Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon pour l’ouvrage collectif Le comportement des choses.



Thwaites Thomas
Goat man

2016, New York, Princeton Architectural Press.

Récit, par l’auteur-même du projet, style carnet de bord. La mise en place de son de devenir chèvre et de s’immerger pendant un temps prolongé, explication de ce qui a fait émerger l’idée de son projet, évolutions de son état d’esprit, détails techniques.




Thomas Thwaites, Goatman project. Image 1 expérimentation de plusieurs exosquelettes de quadrupèdes, image 2 Thomas Thwaites immergé dans son terrain avec les chèvres.



Compagnie Beau Geste,
Transports exceptionnels



Vidéo d’une danse, entre un danseur et le bras d’une pelleteuse, et qui prend place sur un port.

Vidéo accessible à ce lien : https://vimeo.com/51754510?fl=pl&fe=sh


Transports exceptionnels - compagnie Beau Geste. Capture d’écran de la captation vidéo de la danse réalisée à l’occasion de la 13ème édition du Kalamata International Dance Festival, Kalamata, Grèce, 2011.


Ant Farm,
Dolphin Embassy,



Raconté par :
Froger Lilian, 2023, De l’eau jusqu’au nombril: Ant Farm et les dauphins, Lannion, France, Sombres torrents.

Présentation, par un historien de l’art, du projet « dolphin embassy » et de la démarche du collectif d’architectes états-uniens Ant Farm. L’émergence de l’idée du projet d’observatoire en pleine mer pour étudier la communication entre dauphins et humains, les démarches institutionnelles, projet mises en place par le collectif, et jusqu’au récit du voyage réalisé par le collectif en Australie pour se connecter aux dauphins.




Ant Farm, Dolphin Embassy, 1973. Dessins de Curtis Schreier.

PARTICIPANT•ES : (5)
  • Herpéthologue
  • Ingénieur
  • Juriste
  • Économiste
  • SNCF Réseau
ÉTAPES :
  • I - Entretiens individuels
  • II - Fragments
  • III - Écriture



I - ENTRETIENS INDIVIDUELS



Légende : en italique les questions très influencées par mon propre récit fictif

QUESTION COMMUNE GÉNÉRALE
Prenez-vous le train ou les transports en commun régulièrement ?


HERPÉTHOLOGUE
  • Comment les lézards sont-ils étudiés actuellement ?
  • Quels types de capteurs utilise-t-on sur eux ? Quels appareils et technologies ?
  • Quelles informations intéressent actuellement les sciences au sujet des lézards ? L'évolution de densité de leur population ? Leur adaptation face à l'anthropocène, au réchauffement climatique ? Des fonctions qu'ils ont qu'on pourrait développer à travers le biomimétisme ?
  • Même idéalement, si des capteurs ou technologies incroyables pouvaient exister, que chercherait-on à apprendre sur les lézards ?
  • Imaginons un climat de collaboration idéale entre SNCF et herpéthologues (budget, intérêt), quelles études cela vous donnerait-il envie de mener ?

  • Que pensez-vous de la cohabitation actuelle entre lézards et bourreuses ?
  • Pensez-vous que les lézards puissent apporter quelque chose à la SNCF ou aux voyageur•ses ?
  • Les lézards ont-ils un instinct qui leur permet d'anticiper certaines catastrophes ?
  • Pensez-vous qu'une population de lézards puisse anticiper un glissement de talus ? Un feu ? La chute d'un arbre ?
  • Pensez-vous qu'il soit réaliste d'envisager un format de capteurs permettant de suivre, au moins à-peu-près les positions des lézards aux abords de voies ferrées ? Si non détection thermique, détection sonore ? Mouvements ?
INGÉNIEUR
  • Quelles technologies de pointe sont actuellement en développement et vous intéressent particulièrement ?
  • Quels types d'appareils utilise-t-on dans les sciences pour étudier les animaux ? Les lézards ?
  • S'il était possible d'imaginer des capteurs et technologies incroyables pour l'étude des lézards des voies ferrées, lesquelles envisageriez-vous ?
  • Pensez-vous qu'il soit réaliste d'envisager un format de capteurs permettant de suivre, au moins à-peu-près les positions des lézards aux abords de voies ferrées ? Si non détection thermique, détection sonore ? Mouvements ?
JURISTE
  • Quel répertoire d'actions législatives pourrait favoriser du budget et le développement des voies ferrées ?
  • Pourrait favoriser du budget et de l'intérêt pour les sciences de la vie et de la Terre ?
  • Pourrait favoriser une bonne entente entre lézards et SNCF Réseau / voyageur•ses ?

J'ai pensé aux :
  • Opération d'Intérêt National
  • principe du pollueur payeur - protecteur bénéficiaire
  • loi imposant à certaines PME cotées et aux grandes entreprises d'employer des ecology managers - qui fassent partie du dispositif décisionnel
ÉCONOMISTE :
  • Quel répertoire d'actions économiques ou législatives pourrait favoriser du budget et le développement des voies ferrées ?
  • Pourrait favoriser du budget et de l'intérêt pour les sciences ? Et les SVT ?
  • Pourrait favoriser une bonne entente entre lézards et SNCF Réseau / voyageur•ses ?

J'ai pensé aux :
  • Opération d'Intérêt National
  • principe du pollueur payeur - protecteur bénéficiaire
  • loi imposant à certaines PME cotées et aux grandes entreprises d'employer des ecology managers - qui fassent partie du dispositif décisionnel
SNCF RÉSEAU
  • Quel était votre rôle chez SNCF Réseau ? À quoi ressemblait votre travail ?
  • Sans jugement, d’après vous, qui dérange qui aux abords de voies ferrées ? Les animaux ou SNCF Réseau ? Demander d’argumenter
  • Les animaux ou les plantes sont-ils bénéfiques pour SNCF Réseau ? Pourraient-ils l’être ?
  • Quelles actions sont mises en place à votre échelle pour la protection des animaux ?
  • Y a-t-il des plantes ou animaux intrigants aux abords de voies ferrées, d’après vous ?
  • Y a-t-il des agent•es SNCF Réseau qui, sans indication de ce type de la part de la hiérarchie, mettent en place des actions en faveur de la biodiversité ? Lesquelles ?
  • Est-ce que vous pensez que c’est important de prendre soin d’animaux des abords de voies ferrées ?
  • Et dans un cadre économique, législatif et technique idéal pour SNCF Réseau, penseriez-vous que c’est important ?
  • À quelle fréquence passent les bourreuses ?
QUESTION COMMUNE FINALE
Je mène actuellement la même démarche prospective auprès de 5 autres professionnels, seriez-vous intéressé•e par l'écriture collective d'un court récit racontant une possibilité de cohabitation heureuse entre SNCF et lézards ?

II - CONSIGNE FRAGMENTS

Suite à notre échange et aux questions que je vous ai posées (voir ci-dessous), pouvez-vous écrire des fragments de textes pour participer à un récit collectif racontant une possibilité de cohabitation heureuse entre SNCF et lézards ?

[remettre les questions de chacun]

À venir
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© Marie Boishus
Projet réalisé en 2026, en Master 2 de Recherche en design, avec l'encadrement d'Isabelle Garron et de Marie-Alix Molinié à l'École Normale Supérieure de Paris Saclay et Télécom Paris.
Je remercie également Paul Cabon, Bruno Dos Santos, Camille Lemonnier, Martin Hochedez ainsi que mes camarades de Master 2 pour leur aide et leurs encourragements précieux.